Le parcours du vendeur

Rue Bonaparte : le prix au m² de trois rues réunies

« Prix m2 rue bonaparte paris » : la recherche est simple, et elle appelle un chiffre que nous donnons plus bas. Encore faut-il savoir de quelle rue Bonaparte on parle. Car avant d’être une adresse, la rue Bonaparte a été trois rues, percées à des siècles d’intervalle, et chacune a gardé son bâti. Un appartement s’estime dans son tronçon, bien plus que dans la rue entière.

Les chiffres des ventes signées

La base DVF, qui recense les ventes enregistrées par l’administration fiscale, compte 63 ventes d’appartements rue Bonaparte sur la période 2023–2025. La médiane de leur prix au mètre carré ressort à 18 599 €/m². Rapportée à la médiane du 6e arrondissement, qui était de 14 211 €/m² en 2025, la rue se situe à +31 %.

Le 6e figurant déjà parmi les arrondissements les plus chers de Paris, cet écart mérite qu’on s’y arrête, mais sans le surinterpréter. La médiane de la rue couvre plusieurs années, celle de l’arrondissement la dernière année complète : l’écart dit un ordre de grandeur. Et le calcul n’inclut que les ventes d’appartements avec leurs dépendances ; les ventes qui comprennent une boutique, une galerie ou un local sont écartées, comme les prix au mètre carré hors de toute vraisemblance. C’est ce qui rend la rue Bonaparte comparable à la rue Jacob ou à la rue de Seine, et c’est aussi ce qui laisse de côté ses nombreux rez-de-chaussée commerciaux.

1852 : trois voies, un seul nom

La rue Bonaparte naît d’un acte du 12 août 1852 qui réunit trois voies existantes sous le nom de Napoléon Ier. Au nord, entre le quai Malaquais et la rue Jacob, l’ancienne rue des Petits-Augustins, ouverte au XVIIe siècle. Au centre, l’ancienne rue Saint-Germain-des-Prés, tracée au XIXe siècle. Au sud, jusqu’à la rue de Vaugirard, l’ancienne rue du Pot-de-Fer-Saint-Sulpice, dont l’origine remonte au XVe siècle.

La rue ainsi formée va du 7 quai Malaquais au 58 rue de Vaugirard. Son étroitesse et la diversité des époques font sa singularité : on n’y trouve pas l’alignement régulier d’une percée haussmannienne, mais une succession d’immeubles de hauteurs, de styles et de plans différents.

Au nord, entre la Seine et la rue Jacob

Le premier tronçon s’ouvre sur le quai Malaquais et le Louvre, de l’autre côté du fleuve. L’École nationale supérieure des Beaux-Arts, au 14, y occupe une large emprise. Ses protections au titre des monuments historiques se sont empilées au fil du XXe siècle, depuis le classement de la façade du château d’Anet, en 1914, jusqu’au classement de l’école en totalité, par un arrêté du 31 janvier 1972. L’école se trouve aussi dans le site inscrit « Ensemble urbain à Paris » de 1975, où l’architecte des Bâtiments de France donne son avis sur les travaux ; dans les abords de ce monument classé, c’est son accord qu’il faut obtenir.

Autour, les galeries et les marchands d’art occupent les boutiques ; aux étages, des appartements anciens, parfois vastes, souvent sur cour. Pour un acquéreur, ce tronçon associe la proximité de la Seine et une vie de quartier tournée vers l’art. La vue sur le fleuve, là où elle existe, se paie à part : elle reste réservée aux appartements situés au plus près du quai.

L’animation de ce tronçon a son propre rythme. Les étudiants de l’école vont et viennent en journée, les galeries accueillent leurs vernissages en fin d’après-midi, puis la rue retrouve en général le calme plus tôt qu’aux abords de la place Saint-Germain-des-Prés. Pour un vendeur, c’est un argument à faire valoir en visite, à l’heure où il se vérifie.

Au centre, face à l’église

Passé la rue Jacob, la rue gagne la place Saint-Germain-des-Prés, au pied de l’église abbatiale, puis traverse le boulevard Saint-Germain. Ici, l’animation ne faiblit guère : cafés, boutiques de mode, passants à toute heure. Jean-Paul Sartre a vécu au numéro 42 jusqu’en 1962, et la rue a longtemps été associée à la vie littéraire du quartier.

Pour un appartement, le voisinage de la place est un argument autant qu’une contrainte. La vue sur le clocher, l’adresse que chacun reconnaît, l’accès immédiat au métro plaisent. Le bruit des terrasses, les flux de visiteurs et, dans une rue aussi étroite, les façades proches aux premiers étages pèsent dans l’autre sens. Deux appartements de même surface dans le même immeuble, l’un au deuxième sur rue et l’autre au cinquième sur cour, ne visent pas le même acquéreur.

Au sud, vers Saint-Sulpice et le Luxembourg

Au-delà du boulevard, la rue prend une allure plus résidentielle. Elle longe la place Saint-Sulpice et son église, puis gagne la rue de Vaugirard, à deux pas du jardin du Luxembourg. La rue devient plus calme, et les immeubles d’habitation y prennent le pas sur les vitrines. C’est l’ancienne rue du Pot-de-Fer, la plus ancienne des trois par son origine, même si le bâti qui la borde aujourd’hui a été reconstruit au fil des siècles.

Ce tronçon attire une clientèle qui cherche le calme et la proximité du jardin plutôt que l’animation de Saint-Germain. Les familles qui visitent ici regardent de près l’ascenseur, le gardien ou la cave ; au nord, l’adresse et les volumes emportent plus souvent la décision.

La rue dans ses secteurs

Notre découpage du 6e verse la rue Bonaparte entière dans le secteur Saint-Germain-des-Prés, y compris celles du tronçon sud. Sur 2023–2025, ce secteur réunit 271 ventes d’appartements, pour une médiane de 16 316 €/m², soit +15 % par rapport au 6e.

Le rattachement simplifie les calculs, mais la géographie est plus nuancée. Pour un appartement proche de la place Saint-Sulpice, les ventes du secteur voisin de Saint-Sulpice, qui ne comprennent pas la rue Bonaparte, fournissent souvent des comparables plus justes que celles des abords du quai. À l’inverse, un appartement du tronçon nord se compare utilement aux rues Jacob, de Seine ou des Saints-Pères.

La page du secteur Saint-Germain-des-Prés détaille aussi les dernières ventes enregistrées, avec leur surface et leur nombre de pièces. C’est là que l’on mesure le mieux l’amplitude que la médiane dissimule : sur une même rue, un studio sous les toits et un grand appartement de réception n’obéissent pas aux mêmes prix au mètre carré.

Les critères qui départagent deux biens

Dans une rue étroite, la lumière passe avant presque tout. L’étage, l’orientation du trottoir, la présence d’une cour ou d’un jardin sur l’arrière, un plan traversant font varier la luminosité du tout au tout entre deux appartements voisins. Viennent ensuite les volumes : les étages nobles des immeubles anciens offrent des hauteurs sous plafond que les étages supérieurs n’ont pas, tandis que les derniers étages gagnent la vue et le soleil.

L’état de l’immeuble et de ses parties communes pèse lourd dans un bâti hétérogène, où voisinent des immeubles restaurés avec soin et d’autres dont la façade ou la toiture appelle des travaux. Enfin, le rez-de-chaussée compte : une galerie discrète et une terrasse de café n’apportent pas les mêmes nuisances aux étages qui les surplombent.

Vendre un appartement rue Bonaparte

Le prix se fixe à partir des ventes les plus proches du bien, dans son tronçon et dans des immeubles comparables : un appartement lumineux sur la place Saint-Sulpice ne se mesure pas à un rez-de-chaussée sur cour près du quai. Lorsque les ventes de la rue ne suffisent pas, les rues voisines du même tronçon prennent le relais, chaque référence corrigée de ce qui la sépare du bien.

Le dossier fait gagner du temps : surface Carrez, plans, diagnostics, procès-verbaux d’assemblée, état des travaux votés, et tout ce qui concerne d’éventuelles protections de l’immeuble ou de ses abords.

Ce dernier point n’a rien de théorique ici. Un immeuble voisin de l’École des beaux-arts ou de l’église Saint-Sulpice peut se trouver dans les abords d’un monument historique : un ravalement, un changement de fenêtres ou la pose d’une fenêtre de toit y suppose l’accord de l’architecte des Bâtiments de France, qui peut imposer un matériau ou un dessin de menuiserie. Un acquéreur qui projette des travaux voudra savoir, avant de signer, s’il est concerné et ce qui a déjà été accepté dans l’immeuble. La réponse se prépare : elle évite une négociation fondée sur l’incertitude. Les acquéreurs de ce secteur comparent beaucoup ; ils attendent des réponses précises.

La médiane de la rue donne un premier repère. Pour aller au-delà, nous pouvons estimer votre appartement du 6e à partir des ventes qui lui ressemblent, tronçon compris.

Questions fréquentes

Quel est le prix au m² rue Bonaparte à Paris ?

Nous affichons une médiane établie sur les ventes d’appartements conclues rue Bonaparte et publiées par la direction générale des Finances publiques, nombre de ventes et période à l’appui ; elle suit chaque actualisation de ces données. Ce chiffre réunit toute la rue, du quai Malaquais à la rue de Vaugirard. Or la rue est née de la fusion de trois voies d’époques différentes, et un appartement sur la Seine, un autre face à l’église Saint-Germain-des-Prés et un troisième près de Saint-Sulpice ne relèvent pas des mêmes comparables. La médiane situe la rue dans le 6e ; elle ne fixe pas le prix d’un bien.

La rue Bonaparte est-elle entièrement dans le 6e arrondissement ?

Oui. Elle part du quai Malaquais, face à la Seine, et rejoint la rue de Vaugirard, à la hauteur du jardin du Luxembourg, sans quitter le 6e. Elle traverse en chemin la place Saint-Germain-des-Prés, le boulevard Saint-Germain et longe la place Saint-Sulpice. Attention aux homonymes : d’autres villes, Nice notamment, ont une rue Bonaparte, et certaines recherches mélangent les deux. Les chiffres publiés ici ne concernent que la rue parisienne, et uniquement des ventes d’appartements.

Pourquoi un appartement de la rue Bonaparte manque-t-il parfois de lumière ?

Parce que la rue est étroite et bordée d’immeubles anciens de plusieurs étages. Aux premiers niveaux, les façades d’en face sont proches et le soleil direct rare, surtout en hiver. La lumière dépend alors de l’étage, de l’orientation du trottoir, de la hauteur des fenêtres et de ce que l’appartement offre côté cour. Un étage élevé ou un logement traversant change souvent tout, et ces différences se retrouvent dans les prix de vente, à surface égale.

4,9/ 5

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