Côté bailleur

Relouer entre deux locataires : le mois utile

Le courrier de congé arrive, et le compte à rebours commence. À Paris, zone tendue, le préavis du locataire est d’un mois — en nu comme en meublé. Trente jours pour faire visiter, choisir un successeur, vérifier un dossier, mettre en place une garantie, rafraîchir si nécessaire et enchaîner deux états des lieux. C’est faisable, mais seulement si l’on sait dans quel ordre s’y prendre.

Ce qui se déclenche le jour du congé

Trois actes immédiats, à traiter dans la semaine.

Accuser réception du congé et fixer la date exacte de fin de bail. Elle détermine tout le reste, et une imprécision ici se paie en jours de vacance. Le préavis court à compter de la réception de la lettre recommandée, de la signification par commissaire de justice ou de la remise en main propre contre émargement.

Convenir des modalités de visite avec le locataire en place. Il doit permettre la visite du logement selon des modalités raisonnables — l’usage retient deux heures par jour ouvrable, sauf accord différent. Le ton de cette demande détermine la coopération obtenue : un locataire ménagé fait visiter un logement rangé, un locataire brusqué fait le contraire.

Lancer la commercialisation. Cela suppose que les photographies, le texte de l’annonce et le loyer soient prêts — donc préparés avant, pas à ce moment-là.

Fixer le nouveau loyer, sous double contrainte

C’est l’étape où un bailleur parisien se trompe le plus souvent, en croyant que la relocation autorise un rattrapage libre. Ce n’est pas le cas.

Le nouveau loyer doit d’abord respecter le plafond d’encadrement applicable au logement, réévalué chaque année par arrêté : loyer de référence majoré selon le nombre de pièces, l’époque de construction et le secteur géographique, augmenté le cas échéant d’un complément de loyer justifié par des caractéristiques exceptionnelles. Les mécanismes et les sanctions sont détaillés dans notre guide de l’encadrement des loyers à Paris.

Il doit ensuite tenir compte des règles propres à la relocation, qui limitent la réévaluation hors cas particuliers — travaux d’amélioration significatifs, ou loyer manifestement sous-évalué. La bonne méthode consiste donc à établir le plafond applicable, puis à se demander où se situe le marché du quartier à l’intérieur de ce plafond.

Vérifier le dossier de diagnostics

Le dossier de diagnostic technique doit être remis au nouveau locataire, et chaque pièce a sa durée de validité propre. Le diagnostic de performance énergétique est valable dix ans, l’état des risques et pollutions doit être à jour à la date de signature, le constat plomb et les états de l’installation électrique et de gaz suivent leurs propres règles.

Le DPE mérite une vigilance particulière : au-delà de sa validité, c’est la classe obtenue qui conditionne désormais le droit de louer, selon un calendrier d’interdictions progressif. Un logement mal classé doit être traité avant la relocation, pas après. Notre dossier sur les logements classés F et G à Paris détaille ce calendrier et les travaux qui font réellement gagner une lettre.

Le rafraîchissement qui se rentabilise

Entre deux locataires, la question n’est pas « faut-il refaire », mais « qu’est-ce qui raccourcira la commercialisation ». Les postes rentables sont presque toujours les mêmes : peintures reprises dans les pièces les plus vues, nettoyage professionnel de la cuisine et de la salle d’eau, joints refaits, éclairage revu, poignées et interrupteurs remplacés.

Quelques centaines d’euros, quelques jours de délai, et un logement qui se loue au loyer visé plutôt qu’à un loyer négocié. À l’inverse, une rénovation lourde n’a de sens que si elle change la catégorie du bien ou si elle améliore le diagnostic énergétique — et elle se programme alors sur une période de basse saison, pas dans l’urgence d’un préavis.

Enchaîner les deux états des lieux

La sortie et l’entrée se préparent ensemble. L’état des lieux de sortie se conduit document d’entrée en main, pièce par pièce, en qualifiant immédiatement ce qui relève de la vétusté et ce qui relève d’une réparation locative. Les retenues éventuelles se chiffrent sur devis, jamais à l’estime, et la restitution du dépôt de garantie suit des délais stricts que nous détaillons dans notre article sur le dépôt de garantie.

L’état des lieux d’entrée, lui, conditionne les trois années suivantes : c’est le moment d’annexer la grille de vétusté et les photographies datées, comme l’explique notre article sur l’état des lieux.

Ce que nous faisons en gestion

Nous traitons la relocation comme une séquence, pas comme une urgence : accusé de réception et date de fin dès le premier jour, visites organisées dans la semaine, loyer calculé sous le plafond en vigueur, dossier de diagnostics vérifié, candidats instruits en quelques heures, rafraîchissement ciblé, états des lieux enchaînés.

Résultat recherché : quelques jours de vacance, pas quelques semaines — ce qui, comme le montre notre article sur la vacance locative, représente l’essentiel du rendement réel d’un bien parisien. Découvrez notre service de gestion locative.

Questions fréquentes

Le loyer peut-il être augmenté à la relocation ?

À Paris, la liberté est doublement limitée. Le nouveau loyer doit respecter le plafond d'encadrement applicable au logement — loyer de référence majoré, éventuellement augmenté d'un complément de loyer justifié. Et, hors travaux d'amélioration significatifs ou loyer manifestement sous-évalué, la réglementation parisienne encadre également la réévaluation d'un logement reloué. Autrement dit, la relocation n'est pas l'occasion d'un rattrapage libre : c'est une remise à niveau dans les limites du plafond en vigueur, qui est réévalué chaque année.

Quels diagnostics faut-il refaire avant de relouer ?

Il faut d'abord vérifier les validités, qui diffèrent d'un document à l'autre : le diagnostic de performance énergétique a une durée de dix ans, l'état des risques et pollutions doit être à jour à la signature, le constat de risque d'exposition au plomb et l'état de l'installation intérieure d'électricité et de gaz ont leurs propres durées. Un dossier de diagnostics périmé retarde la signature, et un DPE absent ou invalide fragilise la location — d'autant que la classe énergétique conditionne désormais le droit de louer.

Faut-il rafraîchir le logement entre deux locataires ?

Presque toujours, et rarement lourdement. Des peintures reprises, une cuisine nettoyée en profondeur, un joint de salle d'eau refait, un éclairage revu : quelques centaines d'euros qui raccourcissent la commercialisation et permettent de tenir le loyer. En revanche, une rénovation lourde immobilise le logement plusieurs semaines et n'est justifiée que si elle change la catégorie du bien — ou si elle améliore le diagnostic énergétique d'un logement menacé d'interdiction de location.

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