Fiscalité

Taxe foncière à Paris en 2026

La taxe foncière est l’un des impôts locaux les plus anciens et les plus stables du paysage fiscal français. Elle concerne tous les propriétaires d’immeubles bâtis ou non bâtis, qu’ils occupent le bien eux-mêmes ou qu’ils le louent. À Paris, elle revêt une importance particulière depuis que la Ville a décidé d’augmenter significativement son taux en 2023, entraînant une hausse brutale pour de nombreux propriétaires. Comprendre comment cette taxe est calculée, qui la doit, comment elle évolue et dans quels cas on peut en être exonéré est une information pratique et essentielle pour tout propriétaire parisien.

Cet article présente les mécanismes généraux de la taxe foncière dans leur état actuel. Comme toutes les taxes locales, son montant peut être modifié chaque année par les décisions budgétaires des collectivités. Nous vous recommandons de vérifier votre avis d’imposition chaque automne et, pour toute question spécifique à votre situation, de consulter le service des impôts des particuliers compétent ou un conseiller fiscal.

Le principe de la taxe foncière

La taxe foncière sur les propriétés bâties (TFPB) est un impôt local annuel dû par les propriétaires de biens immobiliers bâtis. Elle est distincte de la taxe d’habitation — désormais supprimée pour les résidences principales — et s’applique quelle que soit l’utilisation du bien : résidence principale, résidence secondaire, logement locatif, locaux commerciaux ou immeubles de rapport.

Son principe repose sur la valeur locative cadastrale du bien, c’est-à-dire une estimation théorique du loyer annuel que le bien pourrait générer s’il était mis en location, déterminée selon des bases cadastrales fixées par l’administration. Cette valeur locative de référence est ensuite revalorisée chaque année par un coefficient national voté en loi de finances — ce qui explique une partie de l’augmentation mécanique observée chaque année, indépendamment des décisions locales.

La taxe foncière sur les propriétés non bâties (TFPNB) obéit au même principe mais concerne les terrains nus, les parcelles agricoles, les jardins isolés et les autres surfaces non construites. Elle est moins courante en contexte parisien mais peut concerner certains propriétaires disposant de cours, jardins ou terrasses enregistrés séparément au cadastre.

Comment elle se calcule

Le calcul de la taxe foncière repose sur une formule en trois étapes :

Première étape : la valeur locative cadastrale brute. L’administration fiscale attribue à chaque bien une valeur locative cadastrale, calculée selon des règles définies lors du dernier recensement général des propriétés bâties. Ces valeurs sont notoirement déconnectées des loyers réels du marché — elles ont été fixées sur la base de données anciennes et sont revalorisées depuis par des coefficients annuels, sans refléter fidèlement les réalités du marché locatif actuel.

Deuxième étape : l’abattement de 50 %. La loi prévoit un abattement forfaitaire de 50 % sur la valeur locative cadastrale brute pour obtenir la base nette imposable. Cet abattement est censé représenter les charges de gestion, d’entretien et d’amortissement du bien.

Troisième étape : application des taux. La base nette est multipliée par les taux votés par les différentes collectivités bénéficiaires : la commune (ou la métropole), le département et, le cas échéant, des taxes additionnelles (ordures ménagères, notamment). C’est le cumul de ces taux qui constitue le taux global appliqué à votre base nette.

À Paris, du fait du statut particulier de la ville (commune et département réunis en une seule entité), le taux global est voté par le Conseil de Paris et s’applique à l’ensemble des propriétaires, sans distinction entre les arrondissements. Le montant exact de votre taxe foncière figure chaque automne sur votre avis d’imposition, accessible via le service en ligne de l’administration fiscale (impots.gouv.fr).

Son évolution à Paris

Paris a longtemps été connue pour afficher l’une des taxes foncières les plus basses de France parmi les grandes métropoles. Cette situation a radicalement changé en 2023 : la Ville de Paris a voté une hausse du taux communal de la taxe foncière de 52,50 % à 13,50 %, un chiffre qui peut paraître paradoxal. Il s’explique par une réforme nationale qui a supprimé la part départementale versée à Paris, contraignant la Ville à augmenter fortement son propre taux pour compenser les recettes perdues.

En termes d’impact concret, cette réforme a entraîné pour de nombreux propriétaires parisiens une augmentation significative de leur taxe foncière par rapport aux années précédentes. S’y ajoute la revalorisation annuelle de la valeur locative cadastrale, votée chaque année en loi de finances, qui fait mécaniquement progresser la base taxable. Ces deux facteurs combinés ont rendu la taxe foncière parisienne beaucoup plus visible dans les charges de propriété depuis 2023.

Pour les investisseurs locatifs, il est important d’intégrer ce coût dans le calcul de rentabilité de leur bien. Pour les propriétaires occupants, la taxe foncière est désormais une charge annuelle non négligeable à anticiper dans la gestion de leur budget. Si vous réfléchissez à un achat ou souhaitez évaluer l’impact de cette taxe sur votre patrimoine, obtenir une estimation précise de votre bien vous donnera la base de calcul nécessaire.

Qui la paie en cas de vente

La taxe foncière est due par le propriétaire au 1er janvier de l’année d’imposition. Peu importe ce qui se passe le reste de l’année : si vous êtes propriétaire au 1er janvier, vous devrez l’intégralité de la taxe pour l’année concernée.

En pratique, lors d’une vente immobilière, cette règle est systématiquement traitée dans l’acte notarié par une clause de répartition au prorata temporis. Le principe est simple : vendeur et acheteur se partagent la taxe foncière de l’année en cours, proportionnellement à la durée de détention respective du bien dans l’année civile. Le vendeur supporte la taxe pour la période allant du 1er janvier à la date de vente, et l’acheteur pour la période suivante.

Concrètement, cette répartition est réalisée par le notaire lors du calcul du prix net vendeur. L’acheteur rembourse au vendeur la fraction de taxe correspondant à sa période de propriété (à partir de la date d’acte). Cette somme apparaît dans le décompte notarial comme une « provision sur taxe foncière ».

Il convient de noter que cette répartition n’est pas une obligation légale — elle résulte d’un accord entre les parties inscrit dans l’acte de vente — mais elle est tellement courante qu’elle est devenue une pratique quasi universelle. Le refus de l’appliquer est théoriquement possible mais rare, et peut constituer un point de négociation.

Pour les vendeurs, cela signifie que la taxe foncière n’est pas une charge intégralement supportée pour l’année de vente : une fraction sera remboursée par l’acheteur. C’est un détail utile à connaître lors de la préparation financière d’une mise en vente.

Les exonérations et dégrèvements

La taxe foncière prévoit plusieurs mécanismes d’exonération ou de réduction, qui peuvent s’avérer significatifs pour les contribuables éligibles :

Exonération temporaire pour les constructions nouvelles. Les bâtiments neufs, reconstructions et additions de construction bénéficient d’une exonération de deux ans à compter de leur achèvement, à condition de le déclarer à l’administration fiscale dans les 90 jours suivant l’achèvement des travaux. Cette exonération est appliquée sur la part communale et départementale de la taxe, mais pas nécessairement sur les taxes annexes (taxe d’enlèvement des ordures ménagères, notamment).

Dégrèvements liés à l’âge et aux revenus. Certaines catégories de contribuables peuvent bénéficier d’exonérations totales ou de dégrèvements en fonction de leur situation personnelle :

  • Les titulaires de l’allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA) ou de l’allocation supplémentaire d’invalidité (ASI) bénéficient d’une exonération totale, sous conditions de revenus.
  • Les propriétaires de plus de 75 ans peuvent être exonérés totalement de la part communale, sous conditions de revenus.
  • Les contribuables âgés de plus de 65 ans et de moins de 75 ans, sous conditions de revenus, peuvent bénéficier d’un dégrèvement de 100 euros.

Plafonnement en fonction des revenus. Un dispositif de plafonnement de la taxe foncière à 50 % des revenus du foyer fiscal existe, sous conditions. Il permet un dégrèvement de la différence entre la taxe due et ce seuil, pour les contribuables dont les ressources ne dépassent pas un certain plafond.

Exonérations liées aux caractéristiques du logement. Certains logements faisant l’objet de travaux d’économie d’énergie ou de rénovation thermique peuvent, sous certaines conditions et pour certaines catégories de travaux, bénéficier d’exonérations partielles décidées par les collectivités locales. Ces dispositifs varient selon les décisions prises par chaque commune.

Pour savoir si vous êtes éligible à l’un de ces dispositifs, la consultation du service des impôts des particuliers ou la vérification de votre avis d’imposition en ligne est la démarche la plus fiable. Les conditions d’éligibilité sont fréquemment actualisées en loi de finances.

Conseil de prudence

La taxe foncière est un impôt dont les paramètres — taux locaux, modalités d’abattement, conditions d’exonération — évoluent chaque année. La réforme de 2023 à Paris a illustré de façon brutale à quel point cet impôt peut changer rapidement et significativement. Des discussions sont régulièrement engagées au niveau national sur la révision des valeurs locatives cadastrales, un chantier complexe et retardé depuis plusieurs décennies, qui pourrait, s’il aboutit, entraîner des modifications importantes dans la répartition de la charge fiscale entre propriétaires.

Si vous êtes propriétaire à Paris et que vous envisagez d’acheter, de vendre ou d’investir, nous vous encourageons à intégrer la taxe foncière dans votre calcul global de charges et de rentabilité. Notre équipe de La Maison de l’Immobilier vous accompagne dans cette réflexion et peut vous orienter vers les professionnels adaptés à votre situation.

Pour une évaluation précise de la valeur de votre bien parisien — base de tout raisonnement patrimonial sérieux — consultez notre page estimation. Et si vous réfléchissez à une mise en vente, notre accompagnement commence bien avant la signature du mandat : nous analysons avec vous tous les paramètres fiscaux et patrimoniaux de votre projet sur notre page dédiée à la vente.

Questions fréquentes

Qui paie la taxe foncière l'année d'une vente ?

Elle est due par le propriétaire au 1er janvier, mais l'acte de vente prévoit souvent une répartition au prorata entre vendeur et acheteur.

Existe-t-il des exonérations de taxe foncière ?

Oui, sous conditions : certains logements neufs, des situations liées à l'âge ou aux revenus peuvent ouvrir droit à exonération ou dégrèvement.

4,9/ 5

106 avis Google

Voir la fiche

Estimation en ligne · gratuite & immédiate

Combien vaut votre bien à Paris ?

Estimer mon bien en 2 min →

Estimation gratuite · sous 48 h

Estimer mon bien

Réponse d'un expert de votre quartier sous 48 h, gratuite et sans engagement.

Estimation gratuite & immédiate

Votre estimation immédiate

1 / 5 · Adresse
Où se situe votre bien ?

Choisissez votre adresse dans la liste : nous retrouvons les ventes réelles de votre rue.

Estimation indicative et non contractuelle, fondée sur les ventes réelles (DVF, DGFiP). Seule la visite d'un expert de La Maison de l'Immobilier permet un prix juste et défendable.